Les départs de Calédonie

Les départs de Calédonie

29 août 2021 0 Par Victoria

La vie d’Expat est faite de rencontres, de nombreuses rencontres même ! 

Des personnes venant d’un peu partout, qui atterrissent là pour des raisons différentes, qui mettent leur vie d’avant de côté pour découvrir autre chose, le temps de quelques mois ou quelques années. Pour la plupart, tout ça est temporaire. On sait au fond de nous que nous allons repartir. Parfois, la date est déjà fixée, pour les contrats professionnels bien définis ou bien, la date reste inconnue et peut-être repoussée ou avancée à tout moment.

La Calédonie, c’est la France du bout du monde. Bien souvent, on se sent chez « nous » mais on sait que la métropole est bien loin. Que notre famille est loin et que ce lien avec la France est indestructible.

Dans un temps hors Covid, les retours en France se font, généralement, une fois par an, le temps de quelques semaines ou d’un mois. Le temps de se ressourcer un peu, de revoir « tout le monde » et de revenir. Mais aujourd’hui, c’est impossible, les frontières sont fermés, si tu pars d’ici c’est pour de bon !

En juin et juillet, j’ai vécu un raz-de-marée !

Ici, l’aéroport est à environ 45 min de route de Nouméa : l’aéroport de La Tontouta. Les avions pour Tokyo puis, pour la France décollent toujours à minuit 50. La tradition est de prendre un dernier verre au Fronton (bar basque de Nouméa) et de raccompagner tes amis à l’aéroport.
J’ai vécu une dizaine de départs en 2 mois : mon raz-de-marée de Calédonie.

Je les ai tous vu partir le masque sur le visage et le collier de coquillages autour du cou.

Ici, quand tu raccompagnes tes amis à l’aéroport, ce n’est pas exactement comme quand tu raccompagnes tes amis à n’importe quelle gare, en France. Là, tu ne sais absolument pas quand tu les reverras. Et si tu les revois, leurs vies auront complètement changé. C’est une page qui se tourne pour eux, comme pour toi.

Il y a eu un départ plus compliqué, celui de mon binôme, ma rencontre de Calédonie. Les larmes sont montées, toutes seules lorsqu’elle s’est approchée de la file pour passer la sécurité. Elle m’a regardé en me disant « Vic, on n’avait dit non, pas de larmes ». Mais c’était plus fort que moi.

Ma page est belle et bien tournée cette fois, même si je pense, bien sûr, très souvent à eux. 

Je les appelle, je leur écris, ils me montrent leur nouvel appart, leurs autres amis, leur famille et leur vie qui se reconstruit petit à petit. Des copains que tu vois tous les jours pendant un an, forcément ça ne s’oublie pas. On a tissé des liens, on s’est créé une famille à l’autre bout du monde.

Et puis la vie continue pour moi aussi, je reste au même endroit, mais je rencontre d’autres personnes, je fais d’autres choses, moi aussi, je crée ma nouvelle page, mon nouveau chapitre, sans eux cette fois. Mes chers amis, les retrouvailles seront belles !

Tata bisou les copains, à bientôt en métropole. 

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